Ce travail sonore a été réalisé sur une semaine, au mois de novembre 2013. Chaque soir, du lundi au dimanche, je choisissais, dans mon répertoire, une personne que j’appelais.
Ma requête : « Raconte-moi un secret s’il te plaît ».
Il est évident que j’ai été confronté à un certain nombre de refus.
La fonction hauts parleurs de mon téléphone activé, afin de pouvoir enregister la confidence, la personne me raconte son secret.

Je suis de ceux qui, au collège, écoutaient FunRadio le soir un peu tard. Cette fameuse émission radio qui portait le nom de l’animateur qui la présentait, dans laquelle des personnes se confiaient, très intimement sur des sujets plus ou moins... olé olé.

Derrière le combiné téléphonique, les langues se délient plus facilement. La distance qui sépare la personne de son interlocuteur a le même effet que ce petit mur qui sépare l’homme d’église et le pêcheur dans le confessional.
Un secret, c’est une chose que l’on ne peut révéler, soit parce qu’elle nous procure de la gêne, de la honte ou encore parce que sa révélation pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Un secret c’est quelque chose que l’on a fait, quelque chose que l’on sait, mais que l’on tait.

Ainsi, dans ce travail ma volonté était de mettre le public dans une situation d’écoute particulière. D’un coup, ce qui est de l’ordre de l’intime, de la sphère privée leur est accessible. Le secret ici n’est plus secret, ou alors, il devient aussi le secret de celui qui l’écoute.


Série de sept enregistrements sonores
Durée aléatoire
2013